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Economie : Le patronat Camerounais pour le retour de la fiscalisation des entreprises sur le bénéfice

Le président du Groupement interpatronal du Cameroun (GICAM), Célestin Tawamba, a plaidé pour la sortie du principe de fiscalisation sur le chiffre d’affaires et pour le retour au principe et à l’orthodoxie de fiscalisation des entreprises sur le bénéfice rapporte APA.



S’exprimant lundi à Douala, la métropole économique, à l’occasion de la remise au gouvernement des propositions de réformes fiscales du patronat, il a estimé que ce retour aux fondamentaux aura, certes, pour conséquence une baisse des recettes fiscales d’environ 45 milliards FCFA sur l’échantillon d’environ 2000 entreprises du fichier de la direction générale des Impôts (DGI) ayant servi de base à l’étude.

Avec le retour à la fiscalisation des entreprises sur le bénéfice, le GICAM propose parallèlement des mesures d’élargissement de l’assiette fiscale permettant à l’État d’engranger des recettes supplémentaires de l’ordre de 65 milliards FCFA, «largement supérieurs aux 45 millions de baisse, et ce uniquement par la restructuration du système d’impôt libératoire».

Evoquant une fiscalité «devenue confiscatoire», et qui parfois «s’est muée en véritable obstacle au développement», Célestin Tawamba a rappelé que les recettes fiscales ont enregistré une augmentation significative de 714 milliards FCFA (+66% en valeur relative) entre 2013 et 2018.  Dans le même temps soufflaient, a-t-il souligné, des vents contraires dont le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) s’inscrivant à la baisse de plus de 2 points (de 5,4 à 3,2%), et le chiffre d’affaires des grandes entreprises chutant de 15% à 8500 milliards FCFA.

Cela signifie, selon le président du GICAM que pendant que l’économie régresse, que les entreprises s’appauvrissent, s’endettent et détériorent leur capacité d’autofinancement, l’administration fiscale engrange des recettes en forte augmentation au risque de casser l’outil qui est à l’origine de ces recettes. Selon lui, cela constitue un paradoxe qui «ne peut s’expliquer que par l’augmentation de la pression fiscale sur ces entreprises, minoritaires en nombre mais qui supportent 90% de la part des entreprises aux recettes fiscales».

Se fondant sur les statistiques de la DGI, le patronat note que le nombre de réclamations contentieuses, introduites par les contribuables devant l’administration fiscale, est passé de 1442 à 2567 (+78%) sur la période 2014-2015 pour un montant des impositions contestées ayant plus que doublé, passant de 112 à 255 milliards FCFA.

Pour Célestin Tawamba, il est aujourd’hui nécessaire de créer un climat de confiance entre les secteurs public et privé afin de mettre fin au climat de suspicion réciproque, une atmosphère considérée comme l’un des principaux problèmes du dialogue État-secteur privé et de l’économie du Cameroun.

 

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